Edgar Poe, Histoires
extraordinaires & Poèmes,
illustrations de David Plunkert, Editions Textuel, septembre 2015, 208 pages.
On se souvient des
magnifiques Contes choisis de Grimm illustrés par Yann Legendre que les éditions Textuel nous avaient proposés il y
a deux ans. En cet automne, un choix d’Histoires
extraordinaires et de poèmes d’Edgar Poe paraissent sous le même format, 20x23,
relié, couverture rigide et vernis sélectif. Les illustrations sont de David
Plunkert, qui a publié entre autres dans le New
York Times et le New Yorker.
Les textes choisis
permettent de se replonger dans l’atmosphère terrifiante du Cœur révélateur ou de Le
Puits et le Pendule, par exemple. On connaît ces textes, et on les connaît
dans ces traductions-là, celles de Baudelaire. Mais depuis combien de temps ne
les avait-on pas relus ? Ils prennent, dans cette édition, une matérialité
impeccable : deux colonnes sur papier épais, brun-grisé. Une manière de
redécouverte. Les illustrations, très contemporaines, allient le dessin, le
collage et le graphisme informatique. Ça « matche ». Le chat noir, p.
26, est un rectangle noir sur fond rouge, six traits blancs pour les
moustaches, un seul œil visible, l’esquisse d’un nez, une bouche rouge très
humaine : la peur sourd, immédiate. Le portrait de Bérénice, p. 38, est un
collage terrifiant, qui n’a rien de « gore ». On est, là, vraiment,
dans la création graphique. Notre lecture du texte de Poe n’en est pas changée.
Mais les illustrations, et singulièrement celle-là, montrent à quel point
l’univers de Poe s’adapte à la sensibilité contemporaine.
Bérénice, illustration de David Plunkert |
Parmi les poèmes, Le Corbeau nous arrête, comme toujours. Traduction
de Baudelaire, à nouveau. Illustration dans laquelle l’œil du poète est celui
de l’oiseau dont le bec, tourné vers la droite, vers un avenir inaccessible,
semble murmurer son « nevermore » au creux de l’oreille.
Un ouvrage magnifique, qui
ravira les amateurs de Poe, et les amateurs d’illustration.